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Ma vie romanesque

jeudi 10 avril 2014

Conciliation

Rien ici depuis le 20 février ? Bigre, je vous dois peut-être quelques explications.
Non, je ne suis ni malade ni passée de l'autre côté. Encore que...
Mon absence tient plutôt aux difficultés de la conciliation. La très fameuse conciliation travail famille, qui remplit des pages de blogs et de magasines ? Vous y êtes presque. Sauf que la famille est ici agrandie à la taille d'un village. J'ai été élue. Et alors ? Je l'étais déjà, et ça ne m'empêchait pas d'écrire. Sauf que cette fois, je suis maire. Bayle, quoi.
L'écriture me demande une concentration énorme. La mairie réclame une multitude de tâches éparpillées sur toute la semaine. Comment vais-je faire pour concilier les deux ? Je ne  le sais pas encore. Mais je vais essayer...

jeudi 20 février 2014

Comment naissent les personnages

J'aimerais parfois être un peintre, ou tout au moins savoir dessiner (Je suis une catastrophe un crayon à la main, j'ai arrêté d'essayer le jour où je me suis rendu compte que je ratais même les coeurs percés d'une flèche...) Mais j'aimerais quand même. Comment font les peintres, ou les auteurs de BD, pour brosser un personnage? Comment font les compositeurs pour trousser un thème ? Au départ, j'imagine qu'il n'y a que quelques traits, ou notes.
Moi je commence toujours par quelques stéréotypes. les choses visibles : sexe, allure générale, occupation dans la vie. Et puis je lance mon personnage dans l'histoire. Petit à petit, au fil des pages, il acquiert une densité... et parfois non. Il faut le retravailler, alors, lui injecter cette personnalité qui se dérobe, le saupoudrer d'un peu de fantaisie. Le laisser surprendre. Un personnage n'est jamais aussi complexe que les vraies personnes. Un personnage peut avoir deux, trois faces. Mais plus ? On s'y perdrait.
Et c'est ainsi que, petit à petit, le personnage se saisit de sa pâte, se colore, prend vie. Mais, un peu comme dans la vraie vie, on ne connaît bien les gens que lors des crises. Dans un roman policier, ou d'aventure, la crise, c'est la résolution finale, quand la tension, se dénoue... le grand final d'une symphonie. C'est là que se révèlent vraiment les personnages. Celui-ci valait-il quelque chose ? Ah tiens, non. Ce n'était qu'un inconsistant, finalement. Et lui ? Jolie réaction, j'en ferai un fort caractère. Il ne reste plus qu'à reprendre le livre depuis le début, et réécrire ces personnages à l'aune de ce que la fin a révélé d'eux. Une petite touche par ci, un bout de dialogue par là, cette fois je les connais, je les tiens. Je les connais même tellement bien qu'après avoir fini d'écrire, j'éprouve leur manque, comme si je venais de raccompagner des amis au train et que j'agitais la main au bord du quai.
Et eux, les peintres, comment font-ils ?

vendredi 14 février 2014

A lire !

Je ne conseille pas très souvent de livres, par ici, mais aujourd'hui, je vais faire une exception.
D'ailleurs, ce n'est pas un "livre" mais une "BD", et qui plus est, une BD drôle.


Oui, je sais, à la couverture, ça ne se voit pas forcément. On dirait un vrai carnet de voyage, non ? Sauf que c'est parodique, hilarant et finalement... très intelligent.
Enjoy !

PS : cet album était dans la sélection officielle d'Angoulême. 
PPS : Fabcaro est aussi un copain. 

mercredi 12 février 2014

A propos de livres

Dites-moi, j'ai l'impression de ne pas avoir tout bien compris. Est-il vrai que, dans notre cher pays, en 2014, des hommes politiques de premier plan sont partis en guerre contre... des livres pour enfants ?
Je ne le crois pas. C'est probablement un cauchemar, j'ai dû m'endormir sur un vieil Index, les flammes de l'autodafé dansent encore devant mes paupières.
Non ? Même pas ?
Plutôt que de pleurer, je devrais peut-être en rire. Parce que cette histoire est comique, finalement. Il ne sait pas, M. Copé, qu'on ne peut pas téléguider l'imagination des enfants ? Ils nous prête à nous, les auteurs, un grand pouvoir sur les consciences, alors qu'on ne fait que proposer... des histoires. Des histoires de gens tout nus ? Big deal. La bibliothèque de mes enfants est pleine de livres bien plus subversifs, de mauvais goût, ou carrément sinistres. Pourquoi est-ce toujours ceux-là qu'ils choisissent en priorité ? Je vous laisse réfléchir là-dessus. Tenez, il y a cet album de Babette Cole : Moutard, mode d'emploi. Affreux, sale et méchant. Et dire que cette auteure est considérée comme une "classique" ! Et je ne vous parle même pas du Petit Gus de Claudine Desmarteau, qui dit pis que pendre de la société de nous, les adultes ! Non, vraiment, je pourrais multiplier les exemples par lesquels je suis en train de gâcher l'avenir de ceux que j'éduque. Je vais plutôt relire Le combat d'hiver, de Jean-Claude Mourlevat. Un ouvrage jeunesse  fabuleux et merveilleusement écrit qui parle de jeunes que l'on a élevés en choisissant soigneusement les bons livres, eux. Et qui se rebellent, et combattent contre la Phalange et ses sbires qui ont cru pouvoir cadenasser leurs âmes avec leurs corps. Je ne sais pas pourquoi, ça m'inspire.

samedi 8 février 2014

Quelques liens

Un certain nombre de gens ont parlé de "la fille de Baruch" ces derniers temps. Vous pouvez googler pour trouver les critiques, ou regarder ici, , ou encore .

Et puis j'ai donné une interview à Serge Perraud pour le magazine en ligne "le Littéraire". Vous pouvez également la lire à cette adresse.


vendredi 7 février 2014

Etre l'auteur

On me demande souvent s'il m'arrive de relire mes propres livres. Je réponds non, bien sûr, parce que je les ai tellement lus et relus pour en ôter les scories que je pourrais les réécrire les yeux fermés... ou peut-être pas ?
En réalité, relire un de mes livres... vient juste de m'arriver. Je venais de reprendre le manuscrit suivant "la fille de Baruch", que je pensais être un simple premier jet. Je me souvenais assez bien d'avoir campé quelques personnages, des situations. En réalité, j'ai "découvert" un manuscrit déjà très avancé, avec des dialogues que j'avais oubliés, des aventures, de l'action et... j'avoue, je me suis prise à mon propre jeu, et j'ai tourné les pages, les unes après les autres, j'ai frémi, j'ai attendu la suite.
Je peux vous narguer, vous qui venez de finir "la fille de Baruch" et qui savez bien que vous n'aurez pas de suite avant un an, parce que cette fainéante d'auteure ne veut pas écrire plus vite. Moi je suis déjà dedans. Barthélémy me manque ? Hop, j'en imagine un petit bout supplémentaire, juste histoire de m'amuser.
Sauf que voilà venir votre revanche. J'en étais là, à m'ébaudir devant l'histoire que j'avais écrite longtemps auparavant, suivant les péripéties comme si une autre main les avait tracées. Et arrivant finalement au dénouement, celui dont je ne gardais, heureusement, aucun souvenir.
Et là, pas de dénouement. Rien du tout, niet. Quelques bouts coupés en guise de conclusion, et c'est tout.
Ben oui. Je ne l'ai pas écrit.Pas encore, en tout cas. Vous imaginez la frustration ? Lire un livre qui s'arrête deux chapitres avant la fin ? Quel genre de masochiste a pu laisser un manuscrit dans un tel état ?
Oui, bon, vous connaissez la réponse, moi aussi.
Je retourne donc à ma table, je tords mes énigmes et mes histoires pour trouver qui fera le meilleur coupable. Et, un jour, promis, vous lirez celui-là aussi. Une fois que j'aurai fini les deux derniers chapitres...

mercredi 22 janvier 2014

La croisée des chemins

C'était il y a plus de dix ans, un soir de janvier, je crois me souvenir. J'avais déjà trois beaux enfants dont j'étais extrêmement fière (je le suis restée), un livre publié, quelques manuscrits dans des tiroirs, un orteil à l'université, un doigt dans la vie locale, beaucoup d'envies, comme des graines en attente de germer. Laquelle arroser de temps et de travail ?
C'est alors qu'un ami, médecin, me téléphona.
- Avec des collègues, on fait venir Martin Winckler ce soir. Tu viens avec nous ? Toi qui aimes les livres, ça devrait t'intéresser.

C'était le cas, bien sûr, et après une courte délibération, je suis partie me glisser discrètement, presqu'en fraude, dans l'assemblée de soignants réunie ce soir-là pour écouter un des leurs parler de médecine et de littérature.
A la fin de la conférence/causerie, et comme personne ne m'avait mis à la porte, j'ai pris sur l'étal de la libraire venue tout exprès, un exemplaire de "La Vacation", et suis allée le faire dédicacer.
C'est alors que l'ami avec qui j'étais venue, bien moins timide que moi, me prend par le bras et me désigne à l'écrivain :
Lui : Vous savez, elle aussi, elle écrit des livres.
Moi : Beuh... euh... mais non, juste un... même pas un roman...
Lui : Tu n'as pas des romans aussi ?
Moi : euh, si mais...
Martin Winckler : C'est vrai, vous écrivez ?
Moi : Oui, c'est vrai, j'ai quelques romans en cours, mais ils ne sont pas terminés
Martin Winckler (d'un ton enthousiaste) : Mais il faut les finir ! lancez vous ! C'est formidable !
Moi : ...
(Comme vous pouvez le constater, je suis très à l'aise en public. Je dirais même pétillante, vous ne trouvez pas ?)

Le soir-même, rentrée chez moi, retrouvant la douceur d'un foyer plein de petits gamins d'âge tendre heureusement couchés, les mots de l'auteur me revenaient. Ses mots, et surtout son ton, la sincérité de sa voix, son enthousiasme communicatif.
Et je me suis dit : pourquoi pas ?
J'ai ressorti du tiroir les deux premiers romans "achevés", (c'est à dire... pas tellement) et le troisième, juste commencé et mal parti. Et je me suis dit que si j'arrivais à faire quelque chose de ce troisième opus, cela vaudrait peut-être la peine de poursuivre dans cette direction.
Deux ou trois mois plus tard, c'était chose faite. Il me fallait seulement trouver un titre, avant de le proposer à un éditeur. J'ai cherché longtemps, et  arrêté mon choix sur "le parchemin disparu de maître Richard".  Je ne suis pas très douée pour les titres.

Alors quoi ? Je me serais peut-être remis à écrire même si je n'avais pas fait cette rencontre, ce soir de janvier, avec un écrivain généreux. Mais peut-être pas. Peut-être que "les Deniers", "les Assiégés" et un très mauvais début du "Parchemin" seraient pour toujours restés à l'état d'ébauche dans des cahiers, dans mes placards. Je vois à présent ce qui manquerait à ma vie si cela avait été le cas, si je n'avais jamais osé aller au bout de ce travail d'écriture. Il fallait que je remercie Martin Winckler pour cette parole, ce soir-là. C'est chose faite.